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6 – La cascade de Rûnes, peinture romantique de 1842

La cascade de Rûnes, ou Rhûnes, verse depuis 70 mètres de haut l’eau du mont Lozère côté sud. Le hameau tout proche et le ruisseau, affluent du Tarn, portent le même nom. C’est désormais un site naturel classé depuis 1942.

Cette huile sur toile, de 178cm x 135 cm, parfait exemple du courant romantique, est l’œuvre du peintre parisien d’origine bordelaise Edouard Marandon de Montyel (1782 – 1854). Elle a été présentée comme d’autres toiles de l’artiste, au salon de Paris de 1842. Sur interventions du général Louis Meynadier et de Paul Rivière de Larque, tous deux députés de la Lozère, elle a fait l’objet d’un don du ministère de l’Intérieur à la Société des lettres en 1843. Elle reproduit dans le goût du temps : « le sentiment profond de la sauvage grandeur des sites lozériens. La cascade roule avec violence dans la demi-obscurité d’un abîme chaotique et le peintre y fixe avec bonheur la sublimité de ce torrent », selon le catalogue du musée, rédigé par Emile Rémy, docteur en droit et vice-président de la Société en 1913. C’est une très belle œuvre : « rien n’est négligé et les moindres détails sont étudiés et finis avec un soin méticuleux et une rare perfection ».

La cascade de Rûnes a un frère, « Le Can de la Roche », du même artiste, objet du même don. Voilà pourquoi peut-être nos deux parlementaires sont intervenus de concert !

L’œuvre est programmée pour une prochaine restauration en vue de l’ouverture du musée.

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Le plus : E. Marandon de Montyel est tombé amoureux de la Lozère à la vue d’une gravure du château de la Caze réalisée par un de ses amis. Ni une, ni deux, ce grand romantique achète le château en 1831, le restaure à grands frais, en fait sa résidence familiale jusqu’au terrible incendie de 1847. Il a tout juste le temps de sauver sa famille. Il espère en vain des aides de l’État qui lui sont refusées par Prosper Mérimée en 1850. Il meurt en 1854. Sa veuve revend La Caze en 1856. Plusieurs de ses œuvres sont présentes dans les musées. Le couple Marandon de Montyel  (œuvre de Galard) est exposé au musée de Bordeaux. Les liens établis entre ce peintre aujourd’hui oublié et la Lozère demeurent exceptionnels.

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BONUS – en marge des collections

La cascade de Rûnes a particulièrement inspiré une artiste d’origine allemande, lozérienne de coeur, DOROTHEE BOUCHARD


                                                
                                             1-Hommage à Jean Agulhon 1985- Techniques mixtes sur toile 200 x 60 cm  – Museum Kunstpalast Düsseldorf
2- Collection Heidi et Manfred Nientimp – 160 x 135 cm
3- Techniques mixtes sur papier – néon – 295 x 123 cm
4- Gravure avec écriture blanche sur papier Sennelier vert.

Citadine, hambourgeoise de naissance et vivant à Düsseldorf, Dorothée Bouchard, veuve d’Elliot Bouchard, administrateur bien connu de nos adhérents, artiste européenne reconnue, a eu, comme elle le dit elle-même, sa vie artistique bouleversée lorsqu’elle a découvert la cascade de Rûnes dans les années 1980.

Dessinateur, peintre, graveur, elle qui n’avait jusqu’alors travaillé qu’en atelier et pratiqué seulement le figuratif d’après photo ou l’abstrait, a été séduite par le contact direct avec cette nature qui l’a particulièrement inspirée. Elle l’a déclinée sous de très nombreuses formes passant des journées entières à la contempler et la croquer.

Depuis, notre cascade lozérienne a été vue dans de nombreuses expositions européennes.

Aujourd’hui encore à 83 ans, Dorothée continue à dessiner, à graver, soit à Balsièges, soit à Düsseldorf dans sa résidence d’artiste.

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Le plus : quand, en 2007, Michel Desdouits, secrétaire-bibliothécaire de la Société des Lettres, alors Directeur de l’Enseignement, des Sports et de la Culture au Conseil Général a confié à Isabelle Darnas qui a pris sa suite lors de sa retraite, de réaliser une exposition des œuvres de Dorothée Bouchard au château de Saint-Alban-sur-Limagnole du 19 juin au 20 septembre 2008, celle-ci l’a essentiellement consacrée aux variations sur le thème de la cascade.

A cette occasion, un rideau-cascade de 9 m a été suspendu dans la cour du château.

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